La réforme de l’assurance chômage est entrée en vigueur le 1er novembre dernier

Les nouvelles règles, qui s’appliquent par étapes depuis le 1er novembre 2019, vont avoir plusieurs conséquences :
  • réduction de la durée d’indemnisation,
  • baisse du montant des allocations,
  • impossibilité d’entrer dans le régime…

Près de 40 % des nouveaux entrants à partir d’avril 2020 verront leurs droits diminuer selon l’organisme paritaire qui gère l’assurance chômage.  

Et qui seront les premier.e.s concerné.e.s ?

Les intérimaires !

Jour noir que ce 1er novembre pour les nouveaux demandeurs d’emploi

D’abord, les conditions d’accès se durcissent : désormais, il faut avoir travaillé pendant six mois sur vingt-quatre (au lieu de quatre sur vingt-huit) pour pouvoir prétendre à une prestation

C’est une réforme inique tournée contre les précaires

Car le durcissement des règles va pénaliser en priorité ceux qui sont déjà les plus précaires et notamment les femmes, beaucoup plus nombreuses (56 %) que les hommes à cumuler leur chômage avec une activité réduite, c’est-à-dire à être répertoriées dans les catégories B et C de Pôle emploi… justement dans le viseur de la réforme du gouvernement. Et bien évidemment : nous les intérimaires !

Les chômeurs les moins bien formés, qui ne sont pas en adéquation avec les emplois que l’on crée, seront aussi les plus touchés. Pour eux, les quatre mois étaient déjà une addition de petits contrats courts, et désormais il leur en faudra encore plus pour boucher les trous.

Idem pour le rechargement des droits, à savoir la possibilité de prolonger le versement de son allocation en fonction des périodes retravaillées. Alors qu’il suffisait d’un mois d’activité pour recharger ses droits, les nouvelles conditions obligent à six mois travaillés.
Et aujourd’hui, nous sommes trop peu nombreuses et nombreux à nous voir proposer une mission (ou une succession de mission pour une durée de 6 mois) minimum.

L’Unedic, qui gère l’assurance chômage, estime que 710 000 personnes seront concernées par ce changement la première année, dont 200 000 qui auraient pu ouvrir des droits dans l’ancien système et ne le feront plus dans le nouveau, faute des six mois nécessaires.

Autre modification de taille : ceux qui percevaient de hautes rémunérations lorsqu’ils étaient en activité verront leur allocation baisser de 30 % à partir du septième mois.Une mesure qui va toucher essentiellement les seniors, entre 50 et 57 ans (âge à partir duquel la dégressivité ne s’appliquera plus) et qui ont déjà du mal à retrouver un emploi même s’ils sont très actifs dans leurs démarches.

Et ce ne n’est pas tout : à partir d’avril 2020, la formule de calcul pour déterminer les montants versés va être modifiée. L’indemnisation sera calculée à partir du revenu moyen mensuel, et non pas en se basant sur les seuls jours travaillés, comme jusqu’alors. Un changement qui touchera prioritairement les travailleurs précaires – et notamment les travailleuses – en emploi discontinu, et vous l’aurez devinez… 

Les intérimaires !

Ce nouveau mode de calcul aura aussi pour conséquence pour beaucoup soit de perdre leurs droits, soit de voir le montant ou la durée de leur allocation diminuer. L’Unedic table sur une perte comprise entre 6 % et 50 % de l’indemnisation pour les 850 000 personnes touchées la première année, soit environ quatre allocataires sur dix.

Le gouvernement ne manque jamais d’idée quand il s’agit d’accabler les plus précaires d’entre-nous.