Intérim Agir Ensemble

Bocage L’intérim, « comme un bizutage social »

Bocage L’intérim, « comme un bizutage social »

L’essor de l’emploi intérimaire occupe la CGT.  Le syndicat y voit une fuite en avant dans la précarisation des salariés, en particulier ceux arrivant sur le marché du travail

Des recrutements en trompe-l’œil : voilà le sentiment de la CGT, concernant le recours grandissant au personnel intérimaire, dans le Bocage bressuirais. Ces vagues perçues comme le signe d’une reprise économique sont aussi l’illustration d’une « précarité galopante », pour les travailleurs.
Fabien GOUALT
bressuire@courrier-ouest.com

Courrierdelouest17.11.29

Le passage hier de représentants CGT précisément issus d’une société spécialisée dans le travail temporaire a donné lieu à une rencontre en deux temps, avec les salariés concernés : chez Heuliez-bus à Rorthais : à la sortie de l’usine ASC à Bressuire. Quelques jours plus tôt une démarche similaire avait été menée au niveau du site de Galliance (ex Gastronome) à Nueil-les-Aubiers.

« Ne pas croire qu’un intérimaire est mieux rémunéré »
José Carrique. Délégué Syndical CGT

« Heuliez-bus, c’est aujourd’hui 200 intérimaires, en plus des 430 CDI. Chez ACS, on arrive à 150 intérimaires, en plus des 250 emplois pérennes », observe Pascal Lumineau, responsable de l’union locale CGT. Un ratio beaucoup trop élevé, à ses yeux, qui touche essentiellement « les moins de 25 ans. C’est comme un bizutage social, lorsqu’on entre sur le marché du travail. Il faut passer par cette phase, une sorte de formatage », pour assimiler le CDI à une forme de « Graal ».

José Carrique, Jean-Luc Demay et Nicolas Roudeau, délégués CGT Manpower constatent cette « explosion de l’intérim en Deux Sèvres et en Vendée » du fait de la présence « des industries automobile et agro-alimentaires ». Ces secteurs « appliquent le cadre fixé par les donneurs d’ordre qui font du chantage à la délocalisation et incitent à produire de moins en moins cher. Sachant que plus le niveau des salaires est bas, plus il y a d’exonérations fiscales… Les sociétés d’intérim qui sont en compétition entre elles vont forcément dans ce sens dans les taux horaires proposés » ajoute José Carrique. Contrairement aux idées reçues, il ne faut pas croire qu’un intérimaire est forcément mieux rémunéré. Il y a de plus en plus de problèmes d’égalité de traitement. Il n’est pas rare de voir un cariste payé à onze à douze euros de l’heure,être remplacé par  un intérimaire au SMIC. » La rotation du personnel n’est pas non plus, sans « peser sur ceux qui ont un contrat pérenne » observe Pascal Lumineau, qui évoque au passage la problématique de la sécurité sur les chaînes de production.
Alors que faire ? La CGT, hostile au CDI intérimaire, lui préfère évidemment le CDI traditionnel qui, « grâce aux ordonnances Macron, n’offre finalement que peu de différence pour l’employeur… » Elle tient aussi à informer les salariés concernés de leurs droits, « comme celui de faire grève », même si de tels mouvements sont évidemment complexes à mener, du fait de ce statut.

Retrouver cet article en cliquant ici