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Les Vrais Chiffres de Pôle Emploi

3,5 millions de chômeurs : comment lire les chiffres de Pôle emploi

Le 26 mars 2015

VRAI/FAUX – Selon les catégories de demandeurs d’emploi, on n’obtient pas les mêmes chiffres. 

Photo pancarte Pole emploi
Explications

 

• En février 2015, on comptabilise 3,49 millions de demandeurs d’emploi

FAUX – Le chiffre est bien plus élevé si l’on intègre toutes les catégories des demandeurs d’emploi: A, B, C, D et E. Pour février 2015, ils sont 5,92 millions. En revanche, en catégorie A, qui rassemble les individus inscrits à Pôle emploi n’ayant pas du tout travaillé, ils sont 3,49 millions. C’est ce dernier chiffre qui sert de référence.

• Les chiffres officiels isolent les départements d’outre-mer

VRAI – Les chiffres des demandeurs d’emploi inscrits publiés chaque mois sont quasi exclusivement centrés sur la France métropolitaine. Pourtant, ils étaient plus de 300.000 demandeurs d’emploi en février 2015 dans les départements d’outre-mer. Si on les intègre dans les chiffres de février 2015, on comptabilise, toute catégorie confondue, 6,25 millions de demandeurs d’emploi. D’une manière générale, on parle par défaut des demandeurs d’emploi en France métropolitaine.

• Les individus des catégories B et C sont souvent des intérimaires

VRAI – Les catégories B (687.000 pour février 2015) et C (1,08 million pour la même date) sont constituées de personnes travaillant, pour les premiers, moins de 78 heures et pour les seconds, plus de 78 heures dans le mois. Dans les deux cas, elles sont tenues de faire preuve de recherche active en postulant à des offres, rencontrant leur conseiller Pôle emploi, mettant à jour leur projet professionnel. Pour la catégorie B, il s’agit, par exemple, d’une femme de ménage qui a travaillé deux heures par semaines chez des particuliers et payée en «chèque emploi service». Pour la catégorie C, ce peut être un cuisinier qui effectue un remplacement à plein temps pendant trois semaines. A la fin du mois, ces individus sont toujours à la recherche d’emploi. «Il s’agit souvent de missions d’intérim», précise Pôle emploi. Les personnes de ces deux catégories parviennent à poursuivre une activité mais celle-ci n’est pas suffisante pour répondre à leur demande.

• Les catégories D et E sont de faux demandeurs d’emplois

FAUX – Ces personnes inscrites à Pôle emploi (655.600 en février 2015) «ne sont pas tenues de faire des actes positifs de recherche d’emplois», selon les termes officiels. C’est-à-dire qu’elles ne doivent pas prouver qu’elles recherchent activement un emploi. Elles sont soit sans emploi et non immédiatement disponibles parce qu’en formation ou en arrêt maladie par exemple (catégorie D), soit pourvues d’un emploi (catégorie E). Certains salariés en CDD qui savent que, trois mois plus tard, ils rechercheront activement un travail en font partie. En février 2015, le nombre d’inscrits en catégorie D diminue passant de 280.100 en janvier à 276.500. Le nombre d’inscrits en catégorie E recule aussi passant de 380.300 à 379.100.

• Les demandeurs d’emplois peuvent passer d’une catégorie à l’autre

VRAI – En fonction de leur situation, les demandeurs d’emploi changent facilement de catégorie. Une fois diplômé en janvier, un ancien élève d’école de commerce s’inscrit à Pôle emploi. Il fait partie de la catégorie A. Il accepte une mission d’intérim de 35 heures comme commercial en février: il entre dans la catégorie B. En mars, il obtient un CDD de trois mois. Il décide de maintenir son inscription à Pôle emploi puisqu’au terme de ce contrat il sera toujours à la recherche d’un emploi. Durant trois mois, il fait partie de la catégorie E. En fin de CDD, il se fracture l’épaule et obtient un arrêt maladie d’un mois. Il est donc indisponible mais toujours en recherche. Il passe en catégorie D. Il se rétablit et trouve une mission d’intérim de 100 heures dans le mois. Il fait partie de la catégorie C.

 

Par Marie Théobald
pour Le Figaro