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Pour la CGT, « être intérimaire est un risque en soi »

Pour la CGT, « être intérimaire est un risque en soi »

Les intérimaires ont plus de risques de connaître un accident du travail que les salariés en CDI.

Les intérimaires ont plus de risques de connaître un accident du travail que les salariés en CDI. | Photo : AFP

Les deux millions de salariés intérimaires employés chaque année ont jusqu’à « deux fois plus » de risques de connaître un accident du travail que les salariés en CDI, a alerté la CGT de l’intérim mardi lors d’un point-presse, à l’occasion de négociations de branche sur le sujet.

En 2014, l’assurance-maladie a enregistré 39.869 accidents du travail dans le secteur de l’intérim et 64 décès (dont la moitié sur le trajet domicile-travail). Les chiffres pour 2015 ne sont pas encore connus.

Le taux de fréquence national d’accidents du travail, c’est-à-dire le nombre d’accidents avec un arrêt de travail supérieur à un jour au cours d’une période de 12 mois par million d’heures travaillées, est de 22,9 pour les salariés en CDI contre 34,9 pour le travail temporaire (soit un rapport d’environ 1,5). Dans certains secteurs, comme celui de la métallurgie, le taux de fréquence est plus de deux fois supérieur dans l’intérim (42,8 contre 20,1).

Manque de formation et machines obsolètes

« Être intérimaire est un risque en soi », a souligné Philippe Tixier, secrétaire général de la CGT de l’intérim (USI-CGT) à l’occasion d’un point-presse sur la campagne « Alerte : intérimaires en danger », lancée à la mi-octobre lors d’une action au siège de Manpower.

Le manque de formation à la sécurité et les machines obsolètes font partie des principaux facteurs d’accidents, selon les syndicalistes présents. « Un salarié en CDI qui s’épuise ou se blesse sur une vieille machine peut coûter très cher. Les entreprises ont ainsi tendance à y affecter des intérimaires et à les changer dès qu’ils n’en peuvent plus au lieu d’investir », explique Alain Wagmann de l’USI-CGT, pointant « une externalisation du risque ».

Concernant les maladies professionnelles, les données sont presque inexistantes à cause du « manque de traçabilité de carrière et d’exposition aux risques dans le travail temporaire », souligne Philippe Tixier.

Cette opération de l’USI-CGT intervient à l’occasion des négociations de branche avec Prism’emploi (la chambre patronale des agences d’intérim) sur la santé et la sécurité au travail. Le dernier accord sur ces points date de 2002. La CGT réclame la mise en place d’une médecine du travail de branche, l’obligation de formation à la sécurité avant chaque mission, l’obligation de reclassement pour les salariés victimes d’accidents, la reconnaissance de l’intérim comme facteur de pénibilité ainsi que l’interdiction d’affecter des intérimaires sur les postes les plus accidentogènes.